J4 – Une journée typique de réa

La matinée a commencé au top : la nuit s’était très bien passée, tous les voyants au vert, ils l’ont extubée, mis la VNI (le masque pour respirer), baissé le corotrope, arrêté l’un des médicaments pour la tension. Pour plaisanter avec l’infirmière, je lui dis : « Bon, ce soir, on rentre à la maison ! » :).

Joséphine dormait paisiblement, d’un oeil, tout en m’écoutant lui lire un livre et en jouant avec mes doigts.

13h : Bernard et Dominique arrivent et nous descendons pique-niquer dans le « square » de l’hôpital. Profiter du soleil parce que la clim, brrrrrr !

Et puis nous remontons. L’esprit tout léger, soulagés que l’extubation se soit si bien passée, enthousiastes à l’idée de la belle après-midi que nous allions vivre aux côtés de petite minette. La journée d’hier ? Aucun souvenir. De quelle journée parlez-vous ? 🙂

Arrivés dans la chambre, Joséphine était très agitée. Elle essayait de pleurer, mais il ne sortait qu’un petit bruit de chat qui n’arrive pas à miauler (le tube a dû abîmer un peu les cordes vocales). On ne la sentait pas bien du tout. Douleur ? Angoisse ? Énervement à cause du masque, de tous les fils, les tuyaux ? Difficile à dire… Elle se tordait, grimaçait… Impossible de la calmer.

Son petit cœur fragile n’étant pas apte à soutenir un tel effort, elle a déssaturé. Nous sommes sortis pour laisser la place aux infirmières et au médecin. Ils l’ont reboostée avec une dose de cheval d’oxygène… Et ont finalement posé le diagnostic : sans doute le sevrage.

En fait, les médicaments qu’on leur met pour les anesthésier sont des drogues. Des vraies drogues. Et les bébés s’y habituent très vite très fort (nous connaissions ce phénomène pour l’avoir vu sur d’autres petits lors de notre précédent séjour, une vraie galère). Quand on les leur retire, les enfants sont comme des drogués en manque. C’est incontrôlable. Leur corps réclame « sa dose ».

Ils lui ont donc donné de l’Atarax et équivalent, pour la détendre sans créer un nouveau cycle de dépendance. Mais l’effet a été long à venir. Je lui ai chanté des chansons très douces en mode pianissimo et répété en boucle « on inspire, on expire » d’une voix hypnotique tout l’après-midi avec comme résultat de tout juste la maintenir assez tranquille pour qu’elle ne déssature pas. A 18h, enfin, elle s’est détendue et endormie… OUF !!!

Olivier l’a trouvée toujours bien calme et détendue ce soir. Sans qu’ils aient utilisé de nouveau des médicaments.

Voilà donc une journée typique de réa… L’ascenseur émotionnel supersonic… On passe en 1h du tout blanc au tout noir et 1h après hop, de nouveau tout blanc… On est vraiment passé tout près de la réintubation tout l’après-midi. C’était « sur le fil » ! Et ce soir, on ne peut pas savoir comment on va la trouver demain matin. Si elle s’agite de nouveau dans la nuit, on n’y échappera pas… Qui dit réintubation, dit de nouveau sédation, donc on aggrave le problème du sevrage. Mais si elle déssature, ils n’ont pas le choix. C’est un cercle vicieux.

Joséphine, fais de ton mieux. Si tu peux rester paisible, tant mieux. On sera là. Si tu t’agites et qu’ils doivent te réintuber, tant pis. On sera là aussi.

On sera toujours là.

7 commentaires sur “J4 – Une journée typique de réa

  1. Ma petite Josephine, demain nous partons dans mon beau pays qui s’appelle la Colombie, c’est un pays magnifique avec deux océans des montagnes, des forêts vierges. Un jours tu pourras découvrir . Nous t’embrassons très fort et t’enverrons des nouvelles de la-bas. Plein de bisous à toute la troupe et tomorrow is another Day

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  2. Super, Joséphine, continue de respirer sans tube. Courage nous pensons fort à toi bisous Merci Lorène pour toutes ces informations et courage Bises affectueuses Martine et François

    Envoyé de mon iPhone

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  3. Petite Joséphine, quel talent, quelle rage de vivre tu as !
    Je t’envoie mes plus douces pensées pour ne pas t’agiter et laisser le temps à tous les indicateurs qui te sondent de revenir au vert. Je t’envoie aussi beaucoup d’amour pour que tu puisses en transmettre à tes parents et à ta fratrie qui te soutiennent si fort.
    Va, petite fleur, il est temps, à nouveau, de sourire à la vie.

    Aimé par 1 personne

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